Raphaël Fiévez
est résident permanent au Canada. Originaire de Belgique, il a publié un premier essai aux éditions Édilivre dans lequel il aborde, entre autres, un sujet brûlant d’actualité. Celui de l’intégration des nouveaux arrivants à la société québécoise.

Par Reynaldo Marquez, avocat

Intitulé De la société multiculturelle, Au delà du discours, une réalité, l’ouvrage fait une centaine de pages. De lecture facile, il se consomme d’un trait.

Le jeune homme de 31 ans dit avoir écrit ce livre, avant tout, pour réaliser son rêve de devenir auteur. 

Le choix du thème de son premier essai s’est en quelque sorte imposé à lui, à force d’entendre causer d’immigration dans les médias ainsi que dans son entourage.

« Au fil du temps, j’ai réalisé que chacun a sa définition de ce qu’est le ‘multiculturalisme’ avec pour conséquence que toute conversation ou débat ne conduit plus à rien, puisque les gens ne parlent pas toujours de la même chose. »

Raphael2

Dans son livre, Raphaël Fiévez tient donc à remettre les pendules à l’heure. Sa contribution au débat actuel consiste à offrir une définition de ce qu’est le multiculturalisme en lui-même, mais aussi par opposition à ce qu’il faut entendre par le terme ‘interculturalisme’.

Cependant, l’auteur se défend de vouloir offrir une vérité absolue.

« Mon livre se veut plutôt une invitation à bien connaître les termes, à réfléchir à ceux-ci, et à sortir de chez soi pour observer la réalité. Je souhaite que le lecteur puisse se forger une véritable opinion au sujet de l’Autre, et ce, en marge de ses préjugés et des vérités toutes faites rapportées dans les médias. »

Un long parcours

Pour se faire, Raphaël Fiévez n’hésite pas à prendre appui sur son propre vécu. Dans sa Belgique natale, il était travailleur social. Il accompagnait des nouveaux arrivants en phase d’intégration. En 2011, devant le manque de débouchés professionnels en Belgique, lui et sa compagne de l’époque ont choisi d’immigrer dans la province de Québec avec leur fille en bas âge.

Pourquoi le Québec? « Parce que c’est une province francophone. Je me voyais mal vivre dans une autre langue que le français », répond Raphaël Fiévez.

Installé à Montréal depuis 2011, il travaille aujourd’hui comme intervenant social. Sa clientèle est composée de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Toutefois, le chemin a été long avant qu’il puisse exercer sa profession dans la Belle province, puisque ses compétences n’ont pas été pleinement reconnues.

« Mon tout premier job ici a été celui de commis d’épicerie. Puis, j’ai aussi bossé en tant qu’aide-concierge et plongeur », dit-il.

L’intégration : une voie à double sens

Les problèmes d’intégration, de non-reconnaissance des diplômes et d’abus de la part des employeurs, Raphaël Fiévez connaissait bien.

«  En Belgique, j’aidais les nouveaux arrivants qui se trouvaient dans de pareilles situations. Je n’avais jamais pensé que je passerai de l’autre côté de la barrière et qu’un jour, ce serait moi l’immigrant. »

Même s’il parlait déjà le français en arrivant au Québec, Raphaël Fiévez assure que son intégration n’a pas été facile pour autant.

Selon lui, les immigrants ont le devoir de s’intégrer à leur société d’accueil. Toutefois, la société d’accueil a aussi le devoir de faciliter l’intégration des immigrants.

« L’intégration est une voie à double sens. Sans une meilleure reconnaissance de leurs acquis, de la part de la société québécoise, les immigrants continueront d’éprouver des difficultés à s’intégrer.»

Le Québec est-il raciste ?

Curieusement, son choc culturel Raphaël Fiévez l’a vécu en raison de l’accent qui teinte son parler.

« Certains m’ont reproché de parler à la française et m’ont traité de prétentieux. C’est là que je me suis rendu compte que même si nous parlons la même langue, nous ne parlons pas le même langage. »

La société québécoise est-elle raciste ? «  Non, je n’irais pas jusqu’à dire cela. Il y a des racistes au Québec. Comme partout. Mais c’est bête. Nous faisons tous partie d’une même race, la race humaine », répond Raphaël Fiévez.

« Cela dit, c’est vrai qu’il y a des personnes intolérantes qui n’aiment pas les différences. Comme partout. C’est le cas aussi en Belgique. Je ne crois pas que le Québec est raciste en soi. Le problème demeure celui de l’intégration des immigrants. »

Heureux malgré tout

Le couple de Raphaël Fiévez n’a pas survécu bien longtemps à son voyage outre-Atlantique ni au processus d’immigration de 2011. Lui et la mère de sa fille se sont éventuellement séparés.

De plus, il ne s’était pas attendu à ce que son intégration soit plus lente que prévue.

« Je me considère encore en processus d’intégration. Je suis arrivé au Québec, il y a cinq ans. Je crois que j’en ai encore pour un autre cinq avant d’avoir tout intégré, dit-il en riant. Il y a tellement à apprendre au sujet de la culture québécoise. »

Malgré tout, Raphaël Fiévez se félicite d’avoir choisi la Belle province. En effet, c’est au Québec qu’il a rencontré l’amour de nouveau. Avec sa nouvelle compagne, d’origine dominicaine, ils attendent un enfant.

De plus, le Québec offre des perspectives d’avenir plus intéressantes qu’en Europe. Cela lui donne de l’espoir autant pour lui que pour ses enfants.

Sans compter que c’est ici qu’il a réalisé son vieux rêve, celui de devenir auteur. « Si tout était à refaire, c’est quand même le Québec que je choisirais », dit-il.

 

***

Pour vous procurez le l’essai de l’auteur Raphaël Fiévez De la société multiculturelle, Au delà du discours, une réalité cliquez sur le lien ci-dessous:

https://www.edilivre.com

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s